Place de l’IRM fonctionnelle dans la pathologie du plancher pelvien


L’IRM ou Imagerie par résonance magnétique est un examen complémentaire, très performant, dans la compréhension de la physiopathologie des troubles de la statique pelvienne.

IRM

Imagerie par résonance magnétique

Le but de l’IRM est la réalisation de séquences dynamiques proches des conditions naturelles permettant d’etudier la trophicité de la musculature pelvienne, les prolapsus et autres pathologies en pré-opératoire. En post-opératoire, cet examen permet d’évaluer les résultats, de comprendre les échecs ou d’évaluer les récidives  : 20 à 30% de récidives entre 5 et 10 après chirurgie.

Les troubles de la miction sont rencontrés chez 30% des femmes après la ménopause. Actuellement, de plus en plus de femmes jeunes consultent pour des troubles mictionnels.  Ces troubles peuvent se présenter sous forme de diverses symptomatologies conduisant à consulter des spécialistes différents et conduisant à des avis différents.

Le prolapsus pelvien est une atteinte complexe pluri comportementale, ce qui peut expliquer les échecs de la chirurgie où les récidives.

L’examen IRM permet d’étudier la statique et la dynamique pelvienne et va donc essayer d’établir une corrélation radio-clinique. Il comporte deux temps pour une durée de 20 minutes :

  • Une phase statique
  • Une phase dynamique pour laquelle la patiente doit effectuer une retenue en contraction plus une phase de de repos et ensuite des poussées en évacuation. Chaque séquence durant 15 secondes.

L’examen est réalisé sans injection de produit de contraste et non à jeun. Il requiert l’opacification par gel du vagin et du rectum.

Grâce à des repères anatomiques très bien visualisés, le radiologue peut apprécier et mesurer les différents prolapsus et les quantifier. Cette étude permettra donc de poser et d’orienter les indications chirurgicales.

Tout  acte chirurgical du périnée devrait bénéficier d’une IRM pelvienne dynamique au préalable.

Merci pour votre visite  et à bientôt
Françoise Soros

Le texte à été rédigé par le Docteur Corinne Verdier-Slawinski, radiologue, que je remercie pour la qualité de son analyse en références aux :

  • Professeur J.P Rouanet – Nice
  • Docteur S. Novellas, radiologue – Nice

Cancer de la prostate : le comment et le pourquoi des examens


Messieurs, vous allez consulter pour votre prostate et vous savez à peu prés comment cela se passe.
Mais le pourquoi de cet examen : le savez-vous ?
Cette vidéo pourra vous aider dans vos questionnements.

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Bonne lecture

Merci pour votre passage et excellente journée
Françoise Soros

 

Incontinence urinaire et examens complémentaires


Vous avez consulté votre médecin généraliste ou votre gynécologue suite à des fuites urinaires, des envies pressantes qui vous gâchent le quotidien. Une consultation urologique est conseillée et prévue pour affiner le diagnostic.

Voici les examens qui pourraient éventuellement vous êtes prescrits en fonction de vos symptômes.
A noter :

  • Devant une incontinence urinaire à l’effort pure, typique, isolée, il n’y a pas besoin de réaliser de bilan urodynamique pour confirmer le diagnostic car celui-ci est clinique.
  • Il n’est pas nécessaire de réaliser un bilan urodynamique avant de prescrire une rééducation périnéo-sphinctérienne.
  • Le bilan urodynamique est recommandé en cas d’hyperactivité vésicale, d’incontinence mixte et si l’on envisage une chirurgie et ou s’il s’agit d’une récidive d’incontinence urinaire.
  • La débitmétrie est indispensable en cas de chirurgie. [2]

LES EXAMENS COMPLEMENTAIRES

Sont-ils nécessaires puisque ceux qui s’en passent affichent 90 à 95 % de succès ?
L’amélioration des résultats dépend en grande partie d’une meilleure sélection et un bon examen clinique suffit pour reconnaître qu’une femme perd ses urines quand elle tousse ou qu’elle ne peut les retenir quand elle ressent le besoin.
Les examens radiologiques et urodynamiques vont au-delà de ces entités en analysant les facteurs de l’incontinence. Ils ne remplacent pas mais complètent les données cliniques. [1]

1- EXAMENS RADIOLOGIQUES :
L’uréthrographie mictionnelle
C’est l’opacification uréthrale obtenue par le cliché permictionnel en fin d’urographie intraveineuse ou après cystographie. [4]

Le colpocystogramme :
C’est la représentation graphique du petit bassin à partir de radiographies pelviennes, avec opacification de la vessie, du vagin et du rectum, qui explore les rapports de ces structures au repos et lors d’une poussée.
Il permet de poser avec précision les indications opératoires des prolapsus génitaux, surtout récidivés. [4]

2- EXAMENS URODYNAMIQUES :
Contrairement à ce que l’on pense généralement, leur but ne se limite pas à dépister une instabilité latente ou à refuser un diagnostic présumé d’instabilité. Leur intérêt est d’analyser et de quantifier les différents facteurs d’incontinence.

Si des explorations urodynamiques complètent souvent le premier bilan clinique, précisant au mieux le mode de fonctionnement vésicosphinctérien, les stratégies diagnostiques et thérapeutiques ne peuvent se concevoir sans une évaluation clinique préalable permettant de cerner les motifs de consultation et la gêne réelle dont se plaint la patiente consultant pour dysurie, incontinence urinaire ou prolapsus génital.
Ces explorations permettent une évaluation objective du fonctionnement vésico-sphinctérien et une analyse physiopathologique précise des symptômes urinaires. [2]

Débitmétrie

debimetrie

L’examen débitmétrique permet l’étude objective et quantitative de la miction en appréciant notamment le volume mictionnel, le résidu post-mictionnel (obtenu par sondage) et le débit urinaire maximum (Qmax).

La patiente est invitée à s’asseoir sur le débitmètre et à « produire » une miction spontanée.
Il est nécessaire que la patiente ait un besoin mictionnel spontané pour faire cet examen qui doit avoir lieu en stricte intimité (la miction peut être modifiée par le stress).. [2]

Cystomanométrie

cystomanometrie
La cystomanométrie permet l’étude des pressions intravésicales. Après vérification de la vacuité vésicale, on met en place dans la vessie une sonde équipée de capteurs de pression. Les pressions intravésicales sont alors étudiées au cours d’un remplissage progressif de la vessie par du sérum physiologique à une vitesse de 50 mL/min. [2]

Cet examen devient indispensable lorsque l’incontinence à l’effort n’est pas pure et que s’y associent des manifestations  » irritatives  » de type urgences mictionnelles, pollakiurie, voire fuite par impériosité avec faible délai de sécurité. [3]

Sphinctérométrie et profilométrie urétrale

Elle permet l’étude des résistances statiques et dynamiques de l’urètre. Cette sphinctérométrie est en pratique une « profilométrie » urétrale qui consiste à mesurer la pression urétrale tout au long de l’urètre par l’intermédiaire d’un cathéter perfusé ou d’un cathéter à ballonnet, retiré progressivement depuis la vessie jusqu’au méat urinaire. [2]

Vasalva leak point pressure

C’est un nouveau paramètre introduit en 1993 par McGuire qui permet une évaluation globale de la fonction sphinctérienne chez la femme. [2]
L’étude sphinctérométrique (au mieux réalisée au microcapteur électronique), permet elle aussi d’apporter des éléments physiopathologiques et pronostiques : la constatation d’une défaillance sphinctérienne avec effondrement des résistances urétrales et positivité du Vasalva Leak Point, plaide en faveur d’une incompétence sphinctérienne et constitue un marqueur du mauvais pronostic d’une chirurgie de colposuspension. [3]

Vidéo-urodynamique [2]

La vidéo-urodynamique permet le couplage d’images scopiques (cystographie dynamique et mictionnelle) et de données urodynamiques (cystomanométrie et mictionnelle).

Electromyographie du sphincter urétral [4]

Enregistrement des potentiels électriques du sphincter strié de l’urétre.
Elle permet l’identification des lésions neurogènes à l’origine de troubles de la continence urinaire.

CONCLUSION

Le but dans la prise en charge d’un patient avec des troubles mictionnels est la préservation de la fonction rénale, la prévention des infections urinaires et la continence.
Ainsi, les examens urodynamiques permettent une meilleure prise en charge thérapeutique et une meilleure compréhension des mécanismes physiopathologiques des troubles mictionnels de chaque patient.
L’interprétation correcte d’un examen urodynamique nécessite une bonne connaissance de la physiopathologie et de la neuro-anatomie vésico-sphinctérienne. Un examen urodynamique doit pouvoir décrire avec précision les altérations du réservoir (vessie) et de l’urètre. [5]

Article conseillé en dehors du blog :

  • Incontinence d’effort : Le bilan urodynamique est-il toujours utile ? Sur santelog

Merci pour votre passage et excellente journée 

Françoise Soros

Sources :
[1] Manuel pratique d’urogynécologie – B. Fatton – G. Amarenco – R. de Tayrac
[2] Urodynamique – Bas appareil urinaire – J. M. Buzelin
[3] Explorations complémentaires de l’incontinence urinaire à l’effort de la femme (G. Amarenco) sur http://pro.gyneweb.fr/
[4] Dictionnaire médical de l’Acamédie de Médecine 2013
[5] Revue Médicale Suisse N° 630 publiée le 28/11/200